Appeler
+33 6 78 74 08 90
Contact
info@atelierdalangeac.com
· · 6 commentaires

Le lin certifié, l'avenir pour une mode éthique 100% locale

· · 6 commentaires

J’ai un souvenir d’enfance, du temps où nous vivions à Rouen avec mes parents. Un souvenir de champ bleus à perte de vue, d’une ancienne usine de filature et d’une odeur de printemps. Ma mère nous avait emmené découvrir le Musée du Lin, dans l’Eure, probablement pendant les vacances de Pâques.

Ce fut comme un bond dans le passé, un lien entre l’industrie du XXème siècle et celle d’aujourd’hui. La filature avait fermé depuis bien des années. Le lin, une fois cultivé dans cette jolie région, était envoyé à l’autre bout du monde pour être transformé.

Heureusement, cette réalité est en train d'évoluer, le lin reprend ses marques en Europe grâce à une demande accrue pour du lin 100% européen. Certaines entreprises de la filière du lin, comme Safilin, sont en train de relancer des usines de filatures locales.

La ressource est à nos pieds, dans nos champs alors pourquoi ne pas la transformer ici même ?

LE LIN EN QUELQUES CHIFFRES

Alors que le coton représente 75% de la production mondiale de fibres naturelles, le lin a pris un peu de retard avec ses… (moins de) 1% ! Et pourtant, cette fibre aux propriétés exceptionnelles est une des plus écologiques : son impact environnemental est (presque) tout léger puisqu’elle ne demande aucune irrigation, que la plante n’a pas besoin de pesticide pour pousser et qu’elle pousse juste à côté de chez nous !

Chaque année, 150 000 tonnes de fibres de lin sont produites dans le monde, et un hectare de lin permettra de produire environ 20 000 km de fil… de quoi faire 2200 chemises !

 

DU CHAMP AU TISSU

Le lin est une plante qui pousse en Europe de l’Ouest mais aussi en Chine, en Russie, en Égypte et dans certains pays d’Europe de l’Est. Mais c’est en Normandie, dans le Nord de la France, en Belgique et aux Pays-Bas que l’on retrouve les fibres les plus qualitatives !

Carte culture du lin européen

 

La France, par exemple, est le premier producteur au monde, avec 80% de la production mondiale de lin ! En effet, le climat de la région lui apporte naturellement à la fois l’eau dont il a besoin pour grandir et des températures clémentes. 

Le lin est semé en entre mars et mai et fleurit en juin. Ses fleurs sont assez petites, leurs pétales sont délicats et fragiles. Le mois suivant la floraison, on arrache le lin et on le laisse reposer au sol. En août vient la période du rouissage : c’est la première phase de transformation de la paille en fibre, 100% naturelle !

Lin dans les champs

Puisqu’elles sont au contact de la terre, les tiges du lin vont être « grignotées » par des micro-organismes tels que les champignons et les bactéries, qui vont ensuite s’attaquer aux substances qui relient les fibres entre elles. Cela facilite leur extraction lors de l’étape suivante : le teillage.

En Europe, lorsqu’un cultivateur sème un hectare de lin, il en retire 6,4 tonnes de paille brute. Cette paille va être « teillée » dès le mois de septembre : cela signifie que les graines et la paille sont séparées à travers un processus mécanique.

Puis dans un second temps, la paille passe dans des cylindres. Cela permet de la casser, sans pour autant abîmer les précieuses fibres. On peut ainsi séparer la paille des fibres : les fibres longues sont appelées « filasse », elles serviront à produire les tissus de grande qualité. Sur l’hectare planté, notre cultivateur peut récolter l’équivalent d’1,3 tonne de fibres longues !

Les fibres courtes sont appelées étoupes : elles servent par exemple à rendre des embarcations en bois étanches. Rien ne se perd…

La filasse est ensuite peignée pour bien séparer les fibres entres elles. Elles sont alors rassemblées en un long ruban continu qui sera étiré et légèrement torsadé pour renforcer la solidité de la mèche.

La fibre est prête à être filée ! La filature se fait « au mouillé » pour les fibres longues (filasse) ou « au sec » pour les fibres courtes (étoupe). Au mouillé, la mèche est trempée dans un bain d’eau chaude (60˚ à 70˚C). Elle en ressort plus souple. Lors du filage, les fibres sont tordues et se transforment peu à peu en un fil fin et de haute qualité, qui sera utilisé pour les vêtements et le linge de maison. « Au sec », les fibres ne passent pas par le bain d’eau. Elles sont directement tordues et produisent un fil un peu rêche et rustique, qui sera ensuite transformé pour des usages techniques ou des tissus de décoration.

Bobine de lin filé

 

Pour notre fibre textile, il reste une étape, en option, avant le tissage : l’ennoblissement. C’est un processus qui consiste à transformer le fil, en le blanchissant, en l’assouplissant, en le teignant ou en le défroissant.

Enfin, le lin est tissé. Les fils sont entrecroisés sur des métiers à tisser. Ils sont parfois mélangés à d’autres fibres (coton, soie…), ce qui permet par exemple d’apporter plus de souplesse au tissu.

 

LE LIN CERTIFIÉ

Master of Linen®

Pour s’assurer que le lin est cultivé et transformé en Europe, nous pouvons nous appuyer sur plusieurs certifications. La plus courante est la certification Master of Linen®. Cela garantie la traçabilité de la fibre : une fibre certifiée European Flax®, sans OGM, sans irrigation et sans déchet, produite en respectant les exigences sociales du Bureau International du Travail (International Labor Office). Cette fibre est ensuite transformée au sein des frontières de l’Union Européenne par des filateurs, tisseurs et tricoteurs présents sur le territoire. Les producteurs sont régulièrement audités par des organismes externes, pour s’assurer qu’ils répondent aux critères stricts concernant l’approvisionnement en fibre et la transformation. 

Logo du label Master of Linen

Logo du label Master of Linen®

Belgian Linen™

La certification Belgian Linen™ va encore plus loin, assurant que la fibre a été cultivée en Europe (a minima 85%) et transformée en Belgique. Un modèle 100% local et circuit-court.

Notre partenaire LIBECO, qui fournit le lin de notre top Florence et de notre pantalon Picasso, est certifié Belgian Linen™. L’usine de transformation du lin se trouve en effet à Meulebeke, en Belgique. Tous les lins certifiés Master of Linen® sont aussi certifiés Belgian Linen™.

Logo Belgian Linen
Logo du label Belgian Linen®

VIVRE EN LIN TOUT L’ÉTÉ ?

Robes, jupes, chemises, vestes, pantalons… Pour l’été, on aimerait que toute notre garde-robe soit en lin ! Mais pourquoi cette matière nous plaît-elle tant ?

Fraîcheur à toute heure

Les fibres ont une grande capacité d’absorption de l’eau (et de notre transpiration, donc !). Elles absorbent jusqu'à 20% de leur poids en eau sans pour autant devenir humide au toucher. Elles sèchent très vite et garde une surface fraîche pour le plus grand plaisir de notre peau.

Le bon investissement

C’est la fibre végétale la plus solide qui soit, en matière de textile ! Les fibres se déforment et s’usent moins que les autres matières. Nos vêtements durent longtemps et on peut profiter de nos tenues chéries pour plusieurs saisons.

Le lin européen est le lin le plus qualitatif et résistant du marché. Pour que votre vêtement dure longtemps, n'hésitez pas à vérifier si il est labelisé !

À fleur de peau !

Les fibres de lin possèdent d’excellentes propriétés antibactériennes et anallergiques. Adieu, acariens, irritations et vilaines bactéries. Les vêtements en lin sont parfaits pour les peaux sensibles. Si vous souffrez d’eczéma notamment, le lin vous conviendra parfaitement.

Pour profiter à 100% des bienfaits du lin, vous pouvez aussi vous équiper pour votre linge de maison et même vos sous-vêtements ! 

Le lin, 365 jours par an

Le lin étant une fibre thermorégulatrice, le tissu est non seulement parfait pour l'été mais aussi notre allié idéal pour l'hiver puisqu'il isole contre le froid. Alors on l'adopte, sous forme de chemises, d'écharpes, de vestes, de gilets ou de T-shirts pour la saison hivernale. 

 

ENTRETENIR UN VETEMENT EN LIN

La fibre de lin est une fibre résistante (d’ailleurs, encore plus résistante mouillée que sèche) et ne craint généralement pas le lavage en machine. Au contraire même, plus il est lavé, plus il est souple ! Mais pas besoin de le passer en machine après chaque utilisation : tout comme la laine, le lin est une matière anti-bactérienne et naturelle. Il suffit simplement de le laisser s'aérer pour que les odeurs disparaissent. Vous pouvez ne laver le vêtement que s'il est sale, ou après une journée très chaude !

Le lin est un textile qui ne peluche pas et qui s’abîme peu, vous pourrez donc garder vos vêtements pour plusieurs années et saisons.

Le lavage d’un vêtement en lin peut se faire à la main ou à la machine à cycle doux, entre 0ºC et 30°C (ça tombe bien, c’est bon pour la planète et le porte-monnaie !). 

Concernant la lessive, utilisez une lessive douce (voire une lessive au savon de Marseille faite maison). Pas de javel ou de produits de blanchissement : vous risqueriez d’abîmer ou de jaunir les fibres du tissu !

Pour garder la souplesse et le joli tombé du lin, privilégiez un essorage doux (600 tours par minute). Laissez sécher à l’air libre si possible et étendant bien le tissu pour éviter les plis et effets froissés. Vous pouvez toutefois passer vos vêtements en lin au sèche-linge, en programmant un séchage à température basse.

Pour repasser un vêtement en lin froissé, on a trouvé l’astuce des pros : ne repassez pas le vêtement sec mais humidifiez-le légèrement (à l’eau claire, avec un spray).

Pour les petites tâches, le savon de Marseille ou le vinaigre blanc tiédi feront effet… et pour les tâches grasses, un peu de terre de Sommières et le tour est joué !

Pour les tâches d’herbe (et parce qu’en été, on est souvent assis dans l’herbe) : si le lin est blanc, vous pouvez frotter la tâche avec un tissu blanc imprégné de jus de citron, et si le lin est coloré, tamponnez-le avec un linge imbibé d’alcool à brûler, puis passez le en machine.

 

 

PS : si vous voulez visiter le Musée du Lin, rendez-vous à Routot, dans l’Eure.

Vous pourrez en profiter pour prendre l’air dans la forêt de Brotonne et découvrir les boucles de la Seine et l’impressionnante abbaye de Jumièges qui la borde.

 

 

Photo de couverture: Katsia Jazwinska sur Unsplash