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Réparer ses vêtements

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Si raccommoder était tendance au début du XXème siècle et plus particulièrement au moment de la Seconde Guerre Mondiale, les réflexes d’aujourd’hui sont bien différents. Repriser un pull troué par les mites ? Fixer un bouton qui oscille au bout d’un fil décousu ? Recoudre l’entrejambe d’un pantalon trop élimé ? Très peu pour nous. Et pourtant, quelques tours de main et nos vêtements pourront vivre plus longtemps !

On vous emmène donc à la découverte du joyeux monde de la réparation des vêtements !

Un peu d’histoire

Avant l’ère du prêt-à-porter, nos aïeux avaient pour habitude, quand ils ne pouvaient se permettre de s’offrir de vêtements sur mesure, d’acheter des coupons de tissus ou des fils de laine pour confectionner eux-mêmes les différents éléments de leur garde-robe. La plupart des gens n’avaient que très peu de tenues et ils s’assuraient d’en prendre bien soin.

D’ailleurs, jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale, seuls 25% des vêtements étaient confectionnés par des professionnels (couturières). La grande majorité des vêtements (75%) étaient cousus à la maison !

Les dépenses en vêtements d’un foyer correspondaient environ à 15% du total des dépenses. Aujourd’hui, la moyenne se situe plutôt autour de 4% du revenu. La qualité et le prix du textile y étaient pour beaucoup, évidemment. Soie, laine, lin, les matières synthétiques (et peu coûteuses) n’étaient pas encore sur le marché.

Et quand on passe une bonne partie de son budget en vêtements et chaussures, la moindre des choses est d’en prendre soin ! Nos arrières grand-mères maîtrisaient, pour beaucoup d'entre elles, l’art de dissimuler les trous et tâches, de transformer un pantalon abîmé en jupe ou de retourner les coutures d’un manteau pour lui donner une seconde vie.

Croquis pour raccommoder un vêtement

La nécessité de raccommoder les vêtements s’est accrue lors de la Seconde Guerre Mondiale. Pour pouvoir se procurer du tissu, de la laine ou des souliers, les français (entre autres) devaient se délester, en plus de leurs sous, de tickets ou bons de rationnement. Et oui ! Pour satisfaire les besoins de l’armée allemande, le textile et le cuir (notamment les chaussures) étaient réquisitionnés. La soie et le nylon aussi : ces matières, qui permettaient de confectionner des bas, étaient utilisées pour fabriquer des parachutes ou des filets. Il existait même des lois régissant les tenues et la fabrication des vêtements : le tissu manquait tellement que les pantalons à revers et les jupes longues évasées étaient interdites.

Les femmes (majoritairement) ont alors fait preuve d’ingéniosité pour faire durer leurs vêtements ou en créer de nouveaux à partir d’anciens rideaux par exemple.  On découpait des semelles de bois, clouées sous les souliers et on raccourcissait les jupes pour gagner en tissu.

Après la guerre, de nouveaux styles vestimentaires apparaissent et les femmes continuent à se confectionner leurs propres tenues, inspirées du New Look de Monsieur Christian Dior. L’essor du prêt-à-porter, avec ses tailles standardisées et sa production à la chaîne, commence dans les années 50. Dans les années 60, les grandes marques de couture ouvrent leurs boutiques de prêt-à-porter. C’est aussi la révolution des matières synthétiques. La mode devient follement créative et les femmes créent leur propre style.

L’accélération de la consommation du prêt-à-porter « fast fashion », à la fin des années 1990, (multiplication des boutiques comme H&M, Zara ou Primark en Europe) change la donne : le vêtement s’achète, se consomme et se jette. Sa valeur intrinsèque décroît et la valeur que lui porte ses propriétaires suit la même courbe.

Un jean déchiré part à la poubelle (lorsque celui-ci n’est pas à la mode), un pull élimé aux coudes également. Nos chemisiers déformés se retrouvent dans les bornes de tri et on planque sous l’évier nos vieux t-shirts pour faire la poussière et les vitres.

Comment réparer un vêtement ?

Pourtant, la planète a besoin de souffler et d’économiser ses ressources. Pour réduire notre impact, la meilleure solution est de consommer moins… et donc d’user nos vêtements jusqu’au bout ! Un accro sur notre pull chéri ? Pas de problème, on reprend la maille. Un trou dans nos Converses ? À vos broderies, on lance la collaboration Converses en édition limitée avec nous-même. Une déchirure en bas de notre jupe longue : pas de souc’, à nous la mini-jupe. Ni une ni deux, on rafistole nos vestiaires proprement et on se fait aider si besoin !

Et pourquoi pas se faire des après-midis couture avec des ami.e.s autour d’un bon thé (cocktail ?) voire même des sessions d’apprentissage avec les enfants : ne seront-ils pas peu fiers d’avoir recousu le bouton de leur pantalon, ou d’avoir patiemment reprisé leur pull préféré ?

Réparer ses vêtements est même devenu une tendance, le « Visible Mending » (version anglaise du « raccommodage qui se voit »). Recoudre notre jean, oui, mais on souligne son travail en utilisant des fils de couleur et en créant des designs minimalistes et assumés ! 

Broderies sur les manches d'un pull    broderie pissenlit sur manche pull

images: @froh.natur

 On a fait une liste de petites réparations à faire vous-même comme recoudre un bouton, reprendre une maille qui se fait la malle, coudre une poche percée, poser des coudières ou genouillères (si, ça peut être super stylé), et on vous donne quelques adresses de professionnels pour les retouches plus compliquées (fermetures-éclair qui partent en vrille, ourlets, déchirures…) 

Et si on part de loin ?

« Je ne sais même pas enfiler un fil dans une aiguille ». Avec un peu de patience, vous maîtriserez l'art de passer un fil dans le chas de l’aiguille (hello le vocabulaire technique). Plusieurs techniques à tester :

  • humecter ou laquer votre fil et enfiler l’aiguille dessus (c’est-à-dire que la main qui tient l’aiguille bouge, et non l’inverse)
  • poser le fil au creux de votre main et frotter l’aiguille (côté chas) sur le fil
  • poser le fil sur les poils de votre brosse à dent puis déposer et enfoncer légèrement le chas de votre aiguille sur la brosse. Avec une seconde aiguille, récupérer la boucle du fil qui s’introduit dans le chas

Vous voilà prêt.e ! Pour bloquer le fil et éviter qu’il ne s’échappe, nouez les deux extrémités ensemble ! Laissez un peu de marge derrière le nœud du fil pour pouvoir faire un double nœud à la fin de vos points de couture.

Recoudre un bouton : la technique de l’allumette

Choisissez le bon fil : un fil de qualité, un peu épais et dans les tons (ou de couleurs si vous voulez apporter une touche moderne). Enfilez le fil (60cm) dans le chas de l’aiguille et doublez votre fil : les deux fils doivent pendre sur la même longueur (30 cm) de chaque côté de l’aiguille. Faites un nœud avec les deux extrémités en laissant 4 à 5cm de marge derrière le nœud.

Croquis coudre un bouton

Positionnez le bouton sur le tissu, à l’endroit où il se trouvait précédemment et vérifiez, en plaçant la boutonnière au-dessus et en confirmant l’alignement, qu’il se trouve au bon endroit.

Déposez une allumette (ou un petit bâtonnet) sous le bouton : cela permettra de laisser assez de place entre le bouton et le vêtement pour ne pas avoir à forcer à chaque fois que vous le (dé)boutonnez.

Pour un bouton à deux trous, commencez « sous » le vêtement : le fil qui dépasse doit se trouver « à l’intérieur » du vêtement, puis rentrez le fil dans le premier trou, en passant au-dessus du bouton et replongez l’aiguille dans le vêtement. Continuez cette boucle sur 4 ou 5 tours (pas besoin d’en faire plus)

 

 

Pour un bouton a quatre trous, deux choix ! La couture en parallèle ou la couture croisée.

Pour la couture en parallèle, répétez les mêmes étapes que ci-dessus, en faisant chaque côté l’un après l’autre.

Croquis comment recoudre un bouton croisé

Pour la couture croisée, suivez le chemin ci-dessous : enfilez l’aiguille sous le trou a, puis passez à travers le trou b, et répétez ce mouvement 5 à 6 fois. Puis passez sous le vêtement en remontant par le trou c et finissez en passant par le trou d, à nouveau 5 à 6 fois.

 

Enfin, quel que soit le bouton cousu, retirez l’allumette et glissez le fil entre le bouton et le vêtement. Enroulez le fil (5 à 6 tours) autour du point d’attache en serrant un peu. Cela donnera bien plus de résistance à votre bouton ! Pour finir, faites passer une dernière fois l’aiguille dans le vêtement et nouez les extrémités ensemble (double nœud !), au ras du vêtement. Coupez les fils qui dépassent.

Reprendre un accro dans un pull en maille

On les connaît ces petites mailles qui se font la malle. La bouclette qui prend l’air alors qu’on aimerait qu’elle reste alignée avec les autres, non merci. Pas de panique ! On a une technique toute simple pour la faire rentrer dans les rangs.

Il suffit de prendre un petit crochet (ou une aiguille) et d’attraper délicatement la maille indomptable par en dessous (en passant la main dans le pull) et de tirer dessus lentement pour la faire rentrer vers l’intérieur. Vous pouvez ensuite étirer doucement les mailles du pull autour de feu l’accro pour rééquilibrer la tension de la laine (ou autre matière).

Rien ne va plus, j’ai fait un trou !

À moins que votre chat n’ait décidé de transformer votre pull ou votre t-shirt en paillasson pour se faire les griffes, il y a toujours une solution ! Même les mites n’auront pas la peau de nos cardigans chéris (d’ailleurs, pour éviter qu’elles viennent bouloter vos laines, vous trouverez une ou deux astuces dans cet article !).

Les pulls de qualité en laine ou cachemire sont parfois vendus avec un peu de fil de laine pour vous permettre de repriser les trous sur votre vêtement. Si vous maîtrisez un peu la couture, vous pourrez facilement repriser vous-même la pièce.

Il en est de même pour les usures aux coudes ou aux genoux (notamment pour les vêtements d’enfants) : il y a la solution facile, un empiècement (ou un patch pour les petits trous) thermocollant que vous placez et repassez au-dessus du trou. Ni vu ni connu, c’est reparti pour un tour !

Et il y a la bonne vieille genouillère ou coudière, celle que nos mamans utilisaient pour rapiécer nos jeans troués, que l’on pose sous le trou et que l’on coud tout autour, avec des points de couture classique comme le point droit ou le point arrière.

Pull troué rebrodé

Enfin, pour les plus créatives d’entre vous (et pour celles qui veulent profiter de leur temps libre pour se mettre à la broderie), Pinterest et Instagram regorgent de bonnes idées DIY pour mettre les défauts de nos vêtements en valeur. What ?! – me direz-vous ! Et si ! Quelques images pour vous inspirer :

Pull avec patchs

Des tutoriels pour réparer ses vêtements

Si vous avez besoin d’une aide visuelle pour apprendre les bases de la couture et de la retouche, voici quelques liens vers des vidéos ou tutoriels qui vous guideront pour vos premiers pas :

 

Raccourcir une jupe, reprendre un ourlet ou changer la fermeture éclair, …

Récupérer une doublure de manteau déchirée ou une couture de pantalon qui a craqué… ça n’est pas forcément à la portée de tout le monde ! Même celles qui ont une machine à coudre chez elles n’osent pas souvent !

Pour les altérations un peu plus complexes, nous vous conseillons de vous tourner vers des couturières professionnelles, notamment les boutiques de retouches de vos quartiers !

Si vous avez peur du coût, voilà qui va vous rassurer :

  • changer une fermeture : environ 15€
  • remplacement des poches : 10€
  • ourlet sur un jean : 10€
  • reprise d’une couture dans l’entrejambe : 20 à 25€
  • raccourcir une jupe ou une robe : entre 15 et 25€

Évidemment, pour un vêtement d’une enseigne de fast-fashion, ces prix semblent exorbitants : la retouche coûte souvent plus cher que le vêtement lui-même ! Et c’est ainsi que l’on rentre dans le cercle vicieux du vêtement trop peu cher pour être réparé : les consommateurs préfèrent alors jeter et racheter une nouvelle pièce. Quel dommage, que de ressources gâchées ! En revanche, pour des vêtements de qualité, ces coûts ne représentent qu’une petite fraction du prix, et ces retouches vous permettront de garder le vêtement quelques années supplémentaires. 

Il y a aussi de super entreprises pour vous aider à prendre soin de votre garde-robe, comme Tilli, qui fait de la réparation et de la retouche à domicile. Il suffit de prendre rendez-vous sur leur site ou leur application, à la date et à l’heure de son choix pour récupérer votre vêtement et éventuellement prendre vos mesures. Le retour de vos vêtements se fait également par prise de rendez-vous. Tilli est déjà présent à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Aix-en-Provence. 

On trouve aussi des Repair Cafés un peu partout – il y en a plus de 300 en France: des lieux où l’on peut venir faire réparer ses objets et notamment ses vêtements, accompagnés par des bénévoles qui disposent du matériel nécessaire sur place.

L’équipement de base

Ce dont vous avez besoin pour reprendre vous-même vos vêtements ? Voici la liste des quelques outils nécessaires :

  • Une boite à boutons
  • Des aiguilles
  • Un crochet
  • Des petits ciseaux
  • Du fil à repriser
  • Du fil de coton blanc, bleu marine, noir (et autres couleurs en fonction de vos tenues)
  • Une règle ou un mètre de couturière 

À vos aiguilles, prêt, cousez !